Nina Rousselot

une footballeuse dans le grand bain

Nina, tu viens de signer ton tout premier contrat professionnel de deux ans avec Thonon-les-Bains Evian Grand Genève FC. Qu’est-ce qu’on ressent au moment de poser sa signature sur un tel document, et comment se passe ton intégration au sein de ton nouveau club pour cette préparation d’avant-saison ?

Au moment de signer, j’ai revu défiler toutes mes années de foot, depuis mes débuts toute petite au RC Gonesse. Jamais je n’aurais imaginé passer par autant d’émotions et de défis pour en arriver là. Devenir joueuse professionnelle est un premier grand objectif accompli, mais l’aventure a commencé bien plus tôt : partager des moments forts avec ses coéquipières, progresser et évoluer d’année en année, c’est une expérience humaine incroyable que je souhaite à tout le monde.

Quant à mon arrivée au TEGG, elle se passe à merveille. L’accueil a été fabuleux et la région est tout simplement magnifique. Avec les terrains qui donnent sur le lac et la vue sur les montagnes, il va falloir que je reste bien concentrée sur le ballon !

Nous avons un gros programme de matchs de préparation de prévu, et tout cela me met particulièrement en appétit pour la saison à venir.

Tu as fait tes armes au sein du Centre de Formation du Paris Saint-Germain. Qu’est-ce que cette formation t’a apporté de plus précieux, tant sur le plan technique en tant que gardienne que sur le plan humain, pour aborder ce nouveau chapitre loin de Paris ?

Le Centre de Formation du PSG est une école formidable pour les jeunes joueuses. Les installations y sont incroyables et le staff est omniprésent pour nous faire progresser. Mais pour être tout à fait honnête, l’aventure du haut niveau a sans doute commencé un peu plus tôt, lors de mes deux années à l’AAS Sarcelles. Jouer là-bas avec les garçons m’a poussée à me surpasser et à me forger un mental.

Le PSG a été la suite logique de cette formation, en me permettant de disputer des championnats nationaux très exigeants, avec de magnifiques titres à la clé comme la Nike Cup U18 ou le championnat de France U19. Sur le plan technique, j’ai aussi eu la chance immense de participer à des entraînements avec le groupe professionnel de Première Ligue. Observer et apprendre au quotidien aux côtés d’une gardienne comme Mary Earps, c’est une expérience absolument dingue qui me donne des bases solides pour aborder ce nouveau chapitre à Thonon, loin de chez moi.

Quels sont tes objectifs personnels pour ces deux prochaines années sous tes nouvelles couleurs, et comment appréhendes-tu la concurrence ou le rôle que le staff souhaite te confier ?

FFF

À Thonon, j’arrive aux côtés de Blandine Joly, qui est une gardienne déjà bien expérimentée. C’est une excellente opportunité pour moi de continuer à apprendre. Même si je suis encore très jeune, j’ai déjà connu des matchs à fort enjeu dans mon parcours. J’aime la pression, cela me pousse à être décisive quand l’équipe en a besoin.

Pour ces deux prochaines années, les objectifs sont multiples, tant en championnat qu’en Coupe. J’espère sincèrement pouvoir apporter ma pierre à l’édifice et mener le club vers de nombreuses victoires. Mon évolution personnelle dépendra de mon travail et des opportunités, mais une chose est sûre : je n’ai peur de rien et je suis prête à relever le défi !

Même si ta carrière t’emmène aujourd’hui au bord du lac Léman, tu restes très attachée à la ville de Gonesse. En quoi tes racines gonessiennes t’ont-elles construite et t’aident-elles dans la suite de ta carrière ?

Gonesse, c’est ma ville natale, celle où j’ai grandi et où mes parents vivent toujours. Mon attachement y est donc tout particulier. C’est là que tout a commencé, notamment au RC Gonesse, où j’ai eu la chance d’être formée par de superbes coachs comme Maxime Etchechoury, Yannick Jean, Jean-Baptiste Becaley et Ilyès Smiri. Je leur suis profondément reconnaissante pour tout ce qu’ils m’ont transmis sur le terrain.

Mais au-delà du football, Gonesse m’a construite à travers plein d’autres aspects : j’y ai fait toute ma scolarité primaire et collège, j’y ai gardé mes plus fidèles amis, et j’ai fréquenté plusieurs associations de la ville, que ce soit pour la gymnastique ou la danse aux BVO. Même pendant mes moments de calme, j’adorais passer du temps à la médiathèque de Coulanges pour dévorer des livres. Ce sont toutes ces expériences et ces moments partagés qui me permettent d’avoir aujourd’hui des racines solides pour évoluer au plus haut niveau, sereinement, même à l’autre bout de la France.

Tu es un exemple de réussite pour de nombreux jeunes sportifs du RC Gonesse et de la région qui rêvent de suivre ton parcours. Quel message ou conseil aimerais-tu leur transmettre aujourd’hui, toi qui viens de franchir les portes du monde professionnel ?

Le sport de haut niveau est exigeant, la route est longue et les opportunités sont rares. Le conseil le plus précieux que je puisse donner, même s’il peut paraître simple, c’est de croire en soi avant tout : c’est le mental qui fait toute la différence.

Je veux tout particulièrement m’adresser aux jeunes filles qui doutent parfois de leur place dans ce milieu : battez-vous avec vos armes ! Si vous avez envie de jouer au football, faites-le à fond et ne laissez personne vous décourager. N’écoutez que les personnes qui vous tirent vers le haut. Aujourd’hui, j’ai la chance de vivre de ma passion, mais je garde les pieds sur terre : je n’en oublie pas mes études pour autant, car je continue de me former en parallèle pour devenir kiné du sport. Croyez en vos rêves, travaillez dur, et tout devient possible !