Noël Zeren, champion du monde de handifoot
Noël Zeren, 31 ans, Gonessien depuis 2020, a remporté la Coupe du monde des clubs de handifoot le 27 juin dernier lors d’une finale 100% française qui est venue couronner une saison d’efforts et de passion.
C’est une question de rigueur, de régularité et d’exigence. À l’AS Upsilon, chaque joueuse et chaque joueur donne le maximum. On s’entraîne dur, on participe à des stages de perfectionnement quatre fois par an, et ça paie. Je connais le club depuis 2012, j’y suis arrivé à 16 ans après quatre saisons à Bondy. À l’époque, Upsilon stagnait en milieu de tableau. Aujourd’hui, la plupart de nos joueurs sont en équipe de France. J’ai moi-même été sélectionné une fois, en septembre 2024. La concurrence est rude, il faut mériter sa place.
L’arthrogrypose est une maladie congénitale qui bloque le développement des articulations et des muscles, aussi bien aux membres supérieurs qu’inférieurs. J’ai subi une trentaine d’opérations, mais aujourd’hui, mon état est stable. Mon fauteuil de sport est entièrement adapté à ma motricité et à mon poste – je joue numéro 9, buteur. Le sport, c’est ma liberté. Je l’ai découvert à 12 ans, à Bondy. Mes parents étaient très inquiets à l’époque, ils avaient peur pour moi. Mais aujourd’hui, ce sont mes premiers supporters. Ils étaient là à Bobigny. Ce n’était pas juste la fin d’un match :
c’était le coup de sifflet final de toute une saison d’effort et de passion.
Oui, je suis auto-entrepreneur dans la communication digitale et le marketing. En parallèle, je suis aussi bénévole pour le club : j’ai même créé le logo de l’association. C’est beaucoup d’engagement, mais c’est possible grâce à une bonne organisation. Je m’entraîne deux fois par semaine, et je mets deux heures pour aller à Châtenay-Malabry car je dois éviter les trajets peu accessibles. Il y a encore trop d’obstacles : des bus sans rampe, des ascenseurs en panne, ou parfois même des agents de gare peu compréhensifs.
Continuer à gagner, bien sûr ! Et surtout, être de nouveau sélectionné en équipe de France pour la Coupe du monde à Buenos Aires. C’est un objectif énorme, mais j’y crois. Je sais que je ne suis pas forcément le plus rapide, ni le plus fort, ni le plus technique. Et pourtant je suis là. Je suis réputé pour mes frappes et ma puissance de tir mais aussi pour ma précision. J’espère que ça fera la différence pour partir en Argentine. Alors je dis à toutes les personnes qui doutent : sortez, testez, bougez. On peut faire du sport quel que soit son niveau de mobilité. Il faut juste oser dépasser ses propres limites.