Discours de Jean-Pierre Blazy lors des voeux à la population

Mesdames et Messieurs,

Je vous souhaite à toutes et à tous la bienvenue à la cérémonie des vœux 2018 de la ville de Gonesse. Je souhaite ouvrir cette soirée en remettant la médaille de la ville à trois Gonessiens qui se sont illustrés par leur engagement local au service de la collectivité.

J’appelle donc à me rejoindre Monsieur Adama CAMARA,  Madame Christiane VAN MECHELEN et Monsieur Michel PATERNELLE ainsi que Patrice RICHARD, Maire Adjoint au Sport et Malika CAUMONT, Maire adjointe à la Jeunesse, à la Population, à la Citoyenneté et aux centres socioculturels.

  • Adama CAMARA, vous êtes né à Gonesse où vous avez effectuez toute votre scolarité. Vous débuté le Karaté à l’âge de 4 ans ; vous êtes alors le premier élève de Laurent NDZALLA, fondateur du Karaté Club de la Fauconnière devenu depuis le Gonesse Karaté Club. Depuis votre enfance, vous avez gagné de nombreux titres en compétition dans différentes catégories : vainqueur de la coupe de France zone Nord, ou encore  champion du Val d’Oise. Pour votre palmarès, vous êtes élu meilleur sportif de la ville en 2000 et 2002. Depuis 2011, vous contribuez au développement de votre sport en milieu carcéral dans une démarche de prévention et d’insertion. En 2012, vous devenez officiellement entraîneur du Karaté Club de Gonesse et participez à l’animation de temps d’activités périscolaires.

Vous n’abandonnez pas pour autant la compétition : en 2013 vous remportez le titre de Champion de France kata et combat en milieu carcéral. Aujourd’hui père de deux filles pratiquant aussi la Karaté, vous travaillez à la Maison de la Solidarité de Gonesse. Pour le rayonnement que vous apportez à notre ville de par vos victoires et pour votre engagement en faveur de notre jeunesse, Patrice Richard va vous remettre la médaille de la ville.

  • Je vais désormais remettre la médaille de la ville à deux membres assidus de la commission de révision des listes électorales. Cette commission se réuni quatre ou cinq fois chaque année entre septembre et février et avant chaque scrutin pour étudier les demandes d’inscription et de radiation pour chaque électeur et dans chaque bureau de vote. Elle valide la liste électorale qui sera valable pour l’année à venir. Cette commission est composée de trois membres bénévoles, le maire ou son représentant, un membre délégué par le tribunal de Grande Instance et un membre délégué par l’administration.

Je souhaite ainsi valoriser cet engagement citoyen indispensable au bon fonctionnement de notre démocratie.

  • Monsieur Michel PATERNELLE. Gonessien depuis 1969, vous êtes retraité de la SNCF où vous exerciez en tant qu’Ingénieur géomètre. Membre de la commission de révision des listes électorales depuis 2007, vous participez également à la vie locale à travers votre implication au sein du Conseil des sages. Pour saluer cet engagement citoyen, Malika Caumont va vous remettre la médaille de la ville.
  • Madame Christiane VAN MECHELEN a également intégré la commission de révision des listes électorales en 2007. Arrivée à Gonesse en 1968, vous êtes nommée inspectrice des impôts à l’âge de 18 ans. Vous faites ensuite une belle carrière en passant successivement cheffe de centre, inspecteur principal, receveur et enfin conservateur des hypothèques. Chevalier de la légion d’honneur, vous êtes actuellement trésorière de la légion d’honneur dans le département. Pour saluer votre parcours et votre implication locale, Malika Caumont va vous remettre la médaille de la ville.

Je souhaite d’abord remercier le personnel communal qui a travaillé à la préparation de cette soirée. Avec Viviane GRIS ma 1ère adjointe chargée des ressources humaines et Abdelmajid ABCHAR délégué à l’hygiène, à la sécurité et aux conditions de travail du personnel, nous voulons rappeler que le service public communal s’incarne dans un personnel aux nombreux métiers, qui n’est pas toujours suffisamment reconnu ni par les pouvoirs publics, ni parfois par une partie des citoyens dont les comportements ne sont pas toujours respectueux à l’égard de nos agents. Pour nous le service public, le service au public est une exigence, qui nécessite à la fois notre exigence vis à vis des fonctionnaires territoriaux et en même temps notre reconnaissance. Je remercie également le professeur et les six élèves de l’école de musique pour leur prestation musicale qui vous a accueilli il y a quelques instants.  Le chantier de la nouvelle école de musique  débutera pour un an de travaux. La maison de l’ancienne ferme saint-Christophe achetée il y a quelques années par la Ville sera réhabilitée et trouvera ainsi une nouvelle fonction au bénéfice des Gonessiens. Le bâtiment actuel de l’école de musique était devenu inadapté et cette réalisation correspond à un engagement du programme municipal qui sera tenu avec Mohammed HAKKOU nouveau maire-adjoint en charge de la culture qui a succédé en 2017 à Lucie Eulalie qui a souhaité quitter ses fonctions pour des raisons personnelles. Alain BARAN lui a récemment succédé au conseil municipal. Le programme du nouveau conservatoire consiste à créer cinq salles de pratiques collectives, une salle ce cours collectif, six salles de cours individuels pour la musique, une salle pour les arts plastiques et une salle de théâtre.  Un large espace d’accueil préservera en particulier les peintures murales de la fin du XIXe siècle. Une  avancée transparente intégrant l’indispensable ascenseur caractérisera le geste architectural contemporain de la nouvelle entrée. Ces locaux permettront au conservatoire municipal de mieux assurer ses différentes missions, étant entendu que la danse continuera à être pratiquée sur deux salles extérieures déjà équipées de parquets.

En 2018 un autre chantier très attendu depuis 2014  sera engagé avec Patrice RICHARD adjoint aux Sports. Le stade Cognevaut sera en travaux durant deux années : nouvelle entrée du complexe sportif, nouvelle tribune du terrain d’honneur d’une capacité de 300 personnes avec nouveau vestiaire et nouveau club-house pour le football, réalisation d’une piste d’athlétisme avec six couloirs autour d’un nouveau terrain d’honneur, un sautoir en hauteur, une aire de triple saut et de saut en longueur, une zone de lancement du poids et un sautoir pour la perche, la construction à proximité des vestiaires du rugby d’un bâtiment pour un nouveau club-house de rugby,  des sanitaires publics et un nouveau local technique pour la direction des sports. Tous les bâtiments existants et vétustes seront ensuite démolis. Ces deux projets sont des engagements forts du programme municipal pour le développement culturel et sportif de Gonesse au service de la population, de l’éducation, de l’enfance et de la jeunesse. Leur coût se monte à 6,1 millions d’euros HT et nous avons réussi à obtenir 3 millions d’euros de subventions. Vous pourrez à l’issue de mon intervention et pendant la durée du buffet voir ou revoir l’exposition « 20 ans de réalisations et 10 ans de projets » présentée  à l’occasion de l’ouverture en juin dernier du parc de la Patte d’Oie et qui sera visible sur d’autres espaces publics de la ville à partir du printemps.

2018 est la dernière année de commémoration du centenaire de la Première Guerre Mondiale et l’année du cinquantenaire de Mai 68. C’est aussi les 60 ans de 1958. Nous n’avons pas non plus oublié qu’il y a dix ans la crise financière globale débutait rappelant à beaucoup la Grande Dépression des années 1930. Enfin il y a trois ans les 7 et 9 janvier les attentats islamistes de Charlie-Hebdo et de la supérette kasher porte de Vincennes. Le risque terroriste subsiste. Même si avec la perte de son califat Daech a vu sa puissance d’attraction reculer, le jihadisme demeure une idéologie qui parle aux exclus et aux marginalisés.  Pour nous tous, 2018 nécessite de réfléchir sur le siècle écoulé depuis la fin de ce qui devait être en 1918 la der des ders et pour la génération de 68 ce qui était l’aspiration à un monde nouveau et différent. Sommes-nous aujourd’hui, dans le monde, en Europe et en France, malgré les apparences, toujours sur la voie du progrès humain ou à l’inverse sommes-nous en régression à bien des égards sur nos convictions, nos valeurs et nos acquis ? 

Nous avons le 11 novembre dernier inauguré notre nouveau monument aux morts désormais installé parmi les vivants car nous n’avons pas à être dans un pays qui serait déraciné et étranger à la mémoire et au patriotisme et nous devons donner au devoir de mémoire le sens qu’il peut avoir pour construire la paix dans le monde. Je vous propose de revenir en images sur cet événement.  

Diffusion d’un Film sur l’inauguration du nouveau monument aux morts

Cinquante après Mai 68 sommes-nous dans un monde meilleur ? Pour certains 1968 c’est un mythe, sous le pavé la plage, un rêve éveillé. Pour d’autres c’est le début de la déconstruction de la France. Pour d’autres encore c’est l’histoire de gauchistes qui voulaient détruire le capitalisme et qui sont rentrés dans le rang depuis longtemps jusqu’à devenir macroniens en 2017. Pour eux et bien d’autres, la mondialisation par le marché et les droits de l’homme a remplacé la mondialisation par la révolution.  Pour les historiens la secousse de Mai 68 fut forte mais brève, la violence politique fut contenue, le mouvement social fut plus important en ampleur que celui du printemps 1936, la France traversait les Trente Glorieuses de la croissance, la société française avait commencé à se transformer dans un contexte de prospérité, de plein emploi, de progrès et de paix à partir de 1962 et la décolonisation de l’Algérie.

Cinq décennies plus tard et 40 ans après les chocs pétroliers des années 70, nous vivons dans un monde dans lequel les inégalités de revenus ont augmenté depuis 1980. Le rapport qui vient d’être publié montre que de très importants transferts de patrimoine public vers le privé se sont produits partout avec comme conséquences d’affaiblir les Etats dans leur capacité à agir contre les inégalités et de creuser les inégalités de patrimoine entre les individus. Avec des effets politiques : la montée du populisme qui se poursuit et s’affirme sous différentes formes qui menacent la démocratie et nos libertés publiques et individuelles. Nous ne sommes ni en Hongrie, ni en Pologne ou ailleurs dans l’Est de l’Union Européenne, nous ne sommes pas en Autriche. Nous sommes en France où pour la deuxième fois consécutive à dix ans d’intervalle l’extrême-droite est arrivée en deuxième position à l’élection présidentielle. Pour la première fois sous la Ve République un président en exercice a décidé lui-même de ne pas se représenter. La dégradation des partis, à gauche comme à droite, largement due à l’affaiblissement du clivage gauche-droite, la lassitude des électeurs de voir fonctionner l’essuie-glaces gauche-droite sans perspectives de réel changement ainsi que le mécanisme des primaires qui a laissé les médias largement arbitrer le choix des électeurs ont facilité en avril-mai 2017 la pratique du dégagisme électoral. Nous avons donc un besoin renforcé de république et de citoyenneté.

A notre échelle modeste de la commune qui est la cellule de base où s’exerce dans la proximité la citoyenneté, nous agissons avec Malika CAUMONT maire-Adjointe à la jeunesse, à la population, à la citoyenneté et aux centres socio-culturels pour faire vivre la citoyenneté dans notre ville. Avec NADIEGE VALOISE déléguée à la vie associative nous soutenons les associations et les bénévoles que nous remercions pour leur engagement. Avec CORINNE QUERET chargée de la gestion urbaine de proximité nous travaillons à la Fauconnière avec les bailleurs et une partie des habitants pour mobiliser la population sur le respect des règles de vie collective et de civilité. Une ressourcerie y sera prochainement ouverte. Le FILM que nous regardons maintenant présente une partie des actions développées. 

 

Le service civique jeunes municipal a 10 ans cette année. Je souhaite donner la parole à trois jeunes pour écouter leur témoignage, Mélissa YAHOU qui a fait le service municipal en 2010 et ensuite à ALI AZAYEZ et ABDELLAH DIAWARA qui effectue actuellement celui-ci dans le cadre de la 23e promotion.

L’action municipale poursuivra en dépit des difficultés et des contraintes les objectifs fixés en matière d’éducation, de jeunesse, de développement sportif et culturel pour aider au maximum de ce qu’il nous est possible de faire pour réduire les inégalités de départ dans la vie. Avec Françoise HENNEBELLE adjointe à l’éducation et aux rythmes scolaires, Mercédès MURCIA déléguée à la restauration scolaire et Alain PIGOT délégué au cinéma et aux actions culturelles en milieu scolaire, avec Elizabeth MAILLARD maire-adjointe à la petite enfance, à l’enfance et aux personnes handicapées, nous procédons à l’évaluation des rythmes scolaires et des activités périscolaires. Une concertation aura lieu en mars prochain avec les familles, l’Education Nationale et le personnel municipal aux termes de laquelle nous déciderons pour la prochaine rentrée. Notre conviction est celle de continuer la semaine des neuf demi-journées d’enseignement plus favorable aux enfants. Durant la dernière année scolaire les activités périscolaires gratuites mises en place depuis 2013 ont concerné 2682 enfants et 224 intervenants.  Le temps périscolaire de l’enfant qui est sous notre responsabilité, de la restauration scolaire aux TAP avec également les centres d’accueil et de loisirs, fera à cette occasion l’objet d’une nouvelle attention particulière en faveur de la réussite scolaire et éducative des enfants. Après avoir achevé la réhabilitation de l’école maternelle René Coty en 2017, nous aboutirons dans la définition des projets de reconstruction des écoles Marc Bloch et Marie Curie et de l’extension-réhabilitation de l’école Albert Camus.  Le projet de réalisation d’une nouvelle crèche collective dans le quartier Saint-Blin, Madeleine, Vignois a été décidé par le conseil municipal à l’unanimité moins une seule voix isolée, conformément au programme municipal de 2014. La Ville est résolument engagée dans des projets comme le Centre de ressources de l’Education qui présentera à partir de la semaine prochaine une exposition consacrée aux « Origines du Grand Paris » et je vous invite au vernissage de celle-ci lundi 15 à 18h30 au pôle culturel de Coulanges. Ou avec Sport dans la Ville et l’entreprise Manutan la réalisation récente de deux nouveaux city-stades et leur animation, ou encore avec la RMN-Grand Palais dans le programme triennal Histoire d’Arts à Gonesse qui a débuté l’année dernière sur le thème du portrait et qui continue cette année sur le thème de l’objet dans l’art.

La fabrique numérique qui accueille durant cinq mois au centre socio-culturel Marc Sangnier des jeunes qui ont décroché et qui est un dispositif de remobilisation par les outils numériques donnant de bons résultats a été labellisé par les institutions européennes. Nous voulons qu’un plus grand nombre de Gonessiens concernés puissent en bénéficier en 2018. Cette année nous ouvrirons dans des locaux commerciaux appartenant au bailleur I 3F une école du numérique avec le Pôle S pour former…

Au lycée nous soutiendrons cette année et en 2019 l’engagement de l’établissement dans le dispositif Erasmus +. Cinq lycées ont été choisis dont pour la France René Cassin qui est le lycée français retenu avec quatre autres lycées, un allemand, un italien, un bulgare et un croate 12 élèves ont été sélectionnés, huit filles et quatre garçons, pour être les ambassadeurs du projet qui porte sur les mutations du travail en Europe et les enjeux de la révolution numérique. Je salue la présence du professeur coordonnateur  Thibaut TRETOUT.

 Des travaux débutés en 2017 se poursuivront cette année comme le chantier d’extension et de réhabilitation de l’école maternelle Charles Perrault qui permettra la suppression du dernier préfabriqué scolaire de la ville, la construction d’un préau et le réaménagement de la cour de Charles Péguy pour la prochaine rentrée et des abords des écoles et du centre socio-culturel Ingrid Betancourt aux Marronniers pour la fin de l’année. Coût de l’opération avec le parking de la rue Léon Grandfils, vidéo protection  incluse : près de 2 millions d’euros HT.  C’est également le cas dans le centre ville avec les travaux de rénovation et d’accessibilité de l’hôtel de ville qui seront achevés en juillet prochain. Coût : près de 1,4 million d’euros HT. Ou encore à la Fauconnière avec un aménagement d’un espace disponible près de la piscine au square des Sports en parking et le réaménagement lourd, assainissement compris, d’un parking du square de la Garenne permettant la création de 124 (82+42) places nouvelles de stationnement. Coût : près de 1,4 million d’euros HT. Avec Olivier BOISSY maire-adjoint chargé de la voirie, de la circulation et des déplacements et Amélie RODRIGUES élue déléguée au transport public, nous avons réalisé en 2017 les programmes de voirie prévus aux Marronniers, à la Madeleine et avec le département sur l’avenue Nungesser et Coli mais sans subvention du département. Un an après la mise en service de la ligne 20 et des nouvelles dessertes de bus nous avons examiné avec les habitants les souhaits et les possibilités d’améliorations à apporter. Une partie des demandes a fait l’objet de mesures nouvelles comme l’augmentation de la fréquence de la ligne 23 après 20 H ou le renforcement de la ligne 22. Des nouveaux arrêts de bus sont en cours de réalisation. D’autres mesures sont à l’étude. Outre ce qui a été déjà indiqué nous préparons le programme de voirie 2018 : réfection de chaussées comme la villa des Chataîgniers aux Marronniers mais aussi des opérations permettant de sécuriser les abords des écoles de la rue Claret.

En ce début 2018 plusieurs sujets préoccupent fortement les collectivités locales. Nous devrions avoir toutes les raisons d’être plus optimiste puisque la croissance française meilleure que prévue en 2017 devrait progresser encore au début de l’année. Mais un ralentissement de l’activité dans le bâtiment est annoncé en 2018 et nous restons en deçà du rythme attendu dans la zone euro. Si le nombre des chômeurs diminue lentement en catégorie A, les catégories B et C continuent d’augmenter avec la précarisation du travail. L’application des ordonnances facilitant les ruptures conventionnelles collectives intéresse déjà les grands groupes comme PSA et ne facilitera pas la diminution du chômage. Le salarié qui se portera volontaire n’aura plus le niveau de droits des licenciés économiques. A Gonesse la baisse du chômage ne porte que sur la catégorie A, la baisse du chômage des jeunes est très faible, le chômage des femmes et des habitants dans les quartiers classés en politique de la ville est toujours à la hausse. Avec Ilham MOUSTACHIR adjointe déléguée au projet du Grand Paris, au développement économique, à l’emploi et à la formation et avec Marc ANICET maire-adjoint à l’action sociale, à la solidarité intergénérationnelle et aux personnes âgées, nous ne voyons pas la situation franchement s’améliorer. Trop de jeunes n’arrivent pas à obtenir la place dans l’entreprise pour leur formation en alternance, et quand un jeune veut entrer dans la vie active après avoir suivi une formation courte on lui reproche de ne pas avoir suffisamment d’expérience, beaucoup de travailleurs dits séniors perdent leur emploi, beaucoup sont obligés de ne travailler qu’à temps partiel, beaucoup de femmes seules avec enfants. Nombre de personnes retraitées sont en difficultés. Les dépenses d’action sociale continuent d’augmenter. Cette réalité si elle n’est pas nouvelle après dix années de crise persiste fortement.

La baisse des allocations logement décidée par le gouvernement va toucher les ménages aux revenus modestes, la note sera réglée par les bailleurs sociaux qui vont devoir diminuer d’autant leurs loyers, subir une hausse de la TVA de 5,5 à 10% sur les travaux d’entretien et de construction qui rapportera à l’Etat 700 millions d’euros. Au bout du compte ce sont les locataires qui en pâtiront. C’est la raison pour laquelle je proposerai au Conseil Municipal d’apporter notre soutien à la présidente de VOH Mme CAVECCHI, nouvelle présidente du Conseil Départemental, VOH avec 1200 logements est désormais de très loin le premier bailleur social de la commune.

Nous ne voterons pas dès ce mois-ci le budget communal 2018 pour la première fois depuis de nombreuses années. Michel JAURREY maire-adjoint aux finances et à la commande publique a la tâche lourde de le préparer. Le gouvernement a cherché la popularité avec la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables : en 2018 une première baisse de 30% puis une exonération totale en 2020. Le Conseil Constitutionnel vient  d’indiquer qu’il sera attentif à la manière dont sera traitée dans deux ans la situation des 20% de contribuables restant redevables de la TH. Le Président de la République a  réagi en annonçant il y  a quelques jours la suppression de la TH d’ici à 2020.  Si la TH est supprimée pour tous en 2020, le dégrèvement d’impôt prévu par la loi   deviendra alors  une compensation et on sait alors que l’Etat comme par le passé ne tiendra plus son engagement de compensation intégrale des recettes perdues par les collectivités locales. Le produit de la TH à Gonesse a été d’environ 6 millions d’euros en 2017. Devant tant d’incertitudes une véritable réforme d’ensemble de la fiscalité locale est indispensable qui doit être pensée dans le cadre du principe de l’autonomie financière des collectivités locales qui fixe la part des ressources propres des communes à 60% au moins comme le Conseil Constitutionnel vient de le repréciser en guise d’avertissement. Pour satisfaire aux engagements européens (déficit public en dessous de 3% du PIB  et dette en dessous de 60% du PIB), le gouvernement a fait voter une loi de programmation des finances publiques 2018-2022 qui fixe les montants annuels des concours financiers de l’Etat aux collectivités locales. Après plusieurs années de réduction subie de la principale dotation de l’Etat il nous faudra consentir un nouvel effort encore plus important : gel des concours financiers, réduction de la dépense publique des collectivités, réduction de l’investissement, suppression de 70000 emplois. Mais les collectivités contrairement à l’Etat ne peuvent avoir des budgets en déficit et leur part dans la dette publique est minime, moins de 10% du total de celle-ci. Elles sont accusées trop facilement d’être dépensières par un Etat qui ne cesse de leur transférer des charges non compensées obligeant ainsi à augmenter la dépense publique locale. Avec le budget de la nation 2018 seuls les plus fortunés s’en tirent bien. La suppression de la TH est un miroir aux alouettes car d’une part l’INSEE prévoit une baisse du pouvoir d’achat des Français cette année du fait des augmentations de prix qui ont commencé, d’autre part les baisses d’impôt concernent avant tout le 1% des plus riches (impôt sur la fortune, sur les valeurs financières) et seront financées par les 99% de Français avec l’augmentation de la CSG.

Les services publics n’en sont pas pour autant plus performants. Même si la Poste n’est plus le service public national que nous avons connu, la mission de service public qu’elle doit toujours exercer est souvent défaillante et nos habitants s’en plaignent régulièrement. Son personnel vient ici d’achever un long conflit. Avec le terrorisme on aurait presque fini par oublier la sécurité intérieure. Nous ne pouvons que déplorer une fois encore les agressions dont ont été victimes des fonctionnaires de la police nationale. La question n’est pas nouvelle depuis au moins 2005 et l’affrontement entre les jeunes de quartiers de banlieue  et les policiers ne trouve pas de réponses depuis l’abandon en 2002 de la police de proximité que nous avions voulue mettre en place avec Lionel Jospin et Jean-Pierre Chevènement. J’ai sur cette question majeure écrit récemment dans la revue de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice un article intitulé « Repenser la sécurité, réorganiser la police ». En clair la situation n’est plus tenable. Pour notre ville je ne sais pas aujourd’hui si nous sommes toujours en ZSP. Avec le nouveau commissaire Tristan RATEL, le Sous-Préfet et le Procureur de la République nous poursuivons en attendant la création d’une police de sécurité du quotidien promise par le gouvernement qui tarde à  venir. La Ville a créé la première étape de son CSU (centre de supervision urbaine) modernise et développe la vidéoprotection. Les actions de prévention de la délinquance et de prévention de la rupture éducative continuent leur développement et nous débutons aujourd’hui même une expérimentation avec le collège Philippe Auguste de prise en charge des élèves poly-exclus temporaires durant le temps de l’exclusion.   

Le personnel de l’hôpital de Gonesse a été également victime d’agressions à deux reprises au cours des dernières semaines. J’ai demandé l’organisation d’une réunion qui aura lieu la semaine prochaine avec le Sous-Préfet et la police d’Etat et bien sûr les équipes de l’établissement pour une prise en compte réelle par tous les acteurs concernés de la situation. Un an et demi après sa mise en service le nouvel hôpital n’a pas encore été inauguré. Je le déplore. J’ai relancé et j’attends une réponse. Deux bonnes nouvelles pour l’hôpital. La première est le départ des migrants le 19 décembre dernier et je veux remercier le Préfet du Val d’Oise qui a entendu nos inquiétudes sur les risques encourus par les migrants eux-mêmes  à poursuivre un hébergement qui avait débuté il y a dix-huit mois alors que les personnels achevaient le déménagement du bâtiment qui a été ensuite immédiatement occupé par réquisition de l’Etat. Ce ne sont pas les migrants qui sont en cause évidemment. Nous aurons en tout cas pris notre part de la nécessaire solidarité. L’ancien hôpital pourra être déconstruit l’année prochaine mais il reste à préciser encore dans quelles conditions. La deuxième bonne nouvelle est le résultat de l’activité de soins qui a progressé de 5 points en 2017 et que l’on doit d’une part à l’effet nouvel hôpital, d’autre part  à la mobilisation des personnels hospitaliers qu’il faut saluer. Et malgré cela un déficit de 7 millions d’euros prévu en 2018 ! L’hôpital public traverse une profonde crise en raison des injonctions contradictoires de l’Etat : vous devez toujours produire plus d’activité mais je décide de réduire les tarifs qui rémunèrent ces activités pour  tenir l’objectif de dépenses de l’Assurance-maladie d’où le déficit financier des hôpitaux qui se creuse passant de 470 millions d’euros en 2016 à 1,2 ou 1,5 milliard d’euros en 2017 de trois fois supérieur. En 2018 il sera demandé aux hôpitaux de nouvelles économies à hauteur de 1,6 milliard d’euros et 10 milliards sur les 5 ans. D’où la pression sur les personnels. Qui accepterait  de travailler douze heures par jour alors que légalement il ne peut s’agir que d’une pratique dérogatoire ? Je vous demande de réfléchir en tant que citoyen à cette situation qui nous concerne tous et qui ne peut plus durer car comme l’a affirmé le président de la FHF « L’hôpital est en situation de burn out ». Il ne suffit pas pour la ministre de la santé de dire qu’il n’est pas possible de baisser les effectifs de soignants pour rassurer  à partir du moment où toutes les conditions sont en place pour y procéder dans la réalité. La contrainte est encore aggravée par le dispositif des GHT. Le nôtre avec l’hôpital de Saint-Denis a été un mariage forcé qui fonctionne mal. L’ARS vient d’imposer malgré un vote hostile de notre conseil de surveillance la mise en place d’une direction commune que la loi n’impose pas. 2018 doit donc être une année de forte mobilisation citoyenne en faveur de l’hôpital public.

Au niveau de la commune nous continuons à travailler avec Anna PEQUIGNOT déléguée à la santé pour renforcer l’arrivée de professions médicales et para-médicales et plusieurs pistes pourraient se concrétiser. Nous devons travailler à la relocalisation de la maison de garde actuellement encore logée dans l’ancien hôpital comme au développement du pôle médical à la Fauconnière. A vrai dire sur ces questions les communes ne peuvent agir seules et il faudrait que l’ARS s’engage pour aider au financement des actions indispensables. Les travaux de la nouvelle maison  des adolescents  rue de Paris sont par contre terminés.

Notre détermination pour préparer l’avenir de Gonesse dans le cadre du Grand Paris sera aussi forte en 2018. Avec le soutien indispensable de notre communauté d’agglomération et ses 35000O habitants. Avec Christian CAURO  en charge du logement et de l’urbanisme nous  remercions les Gonessiens qui se sont mobilisés en nombre le 25 septembre dernier pour nous soutenir et nous permettre ainsi d’approuver le nouveau PLU. Nous avons eu un rapport d’enquête publique à charge, sans aucun reproche en matière de procédure. Des recours ont été engagés pour faire annuler le PLU et ainsi empêcher la réalisation de nos différents projets. La prochaine mobilisation nécessaire sera celle du mercredi 31 janvier pour une réunion publique dans le cadre de l’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique du projet d’aménagement du triangle de Gonesse et de l’enquête parcellaire préalable pour obtenir la DUP foncière.  Je précise que 40% du foncier a déjà été acquis par l’EPFIF. Nous comptons sur vous pour déposer sur les registres en mairie dès demain, pour dire que vous voulez ces projets : Europa City bien sûr dont le plan masse a évolué mais aussi le projet nouveau Triango sur 15 ha, des projets qui peuvent être lancés en 2020, créateurs d’emplois, des projets innovants en termes de développement durable et d’agriculture urbaine. Votre mobilisation est aussi nécessaire le 31 janvier à 19h ici même. La maison du projet qui a actualisé la maquette vous attend.

Au delà du nécessaire débat démocratique utile, il y a pour les opposants au projet, venus de l’extérieur, un côté donneur de leçons inacceptable pour nous qui agissons depuis longtemps pour la défense de notre environnement et pour un projet de développement durable de notre territoire avec Jean-Michel DUBOIS, délégué aux espaces verts, à la propreté et au cimetière et Sympson NDALA, en charge du développement durable et de l’économie sociale et solidaire. Le FILM qui suit nous le démontre.

Et vous ne les avez pas entendu ces donneurs de leçons d’écologie s’exprimer au sujet du projet de nouveau terminal à Roissy récemment annoncé avec la perspective de 900000 mouvements le jour et la nuit alors que nous en avons aujourd’hui déjà 500000. Et que penser de la privatisation d’ADP envisagée par le gouvernement, même le PDG d’Air France s’en inquiète ? Je m’interroge  au sujet des derniers chiffres de l’INSEE selon lesquels nous aurions perdu 322 habitants en 5 ans. Cette diminution inférieure à 1% est peut être faible mais elle est due à un solde migratoire négatif alors même que nous sommes sur un territoire de forte croissance naturelle de la population. Elle doit être vérifiée d’une part, analysée d’autre part. C’est ce que nous allons faire.

Le projet de la ligne 17 du métro du Grand Paris que les opposants à nos projets combattent est un vrai projet de développement durable puisqu’il permettra de moins utiliser la voiture individuelle. Dans moins d’un mois le premier tunnelier sera lancé sur la ligne 15 Sud.  Et dans le même temps l’Etat pourrait décider de décaler la réalisation d’autres lignes du Grand Paris Express. Face à cette menace nous nous sommes mobilisés avec tous les élus en responsabilité dans nos communes et dans notre communauté d’agglomération comme le montre ce FILM.

Tout est prêt ! Pourquoi attendre M. le Président de la République ?  Nous souhaiterions ne pas faire les frais de l’alternance de 2017 au nom des principes de l’orthodoxie budgétaire afin de complaire à Bruxelles. Le gouvernement n’a pas fait preuve d’autant de scrupules pour prêter 1,7 milliard d’euros d’argent public pour financer la ligne du CDG Express alors que celle-ci à 25 euros le trajet ne desservira pas notre territoire. La ligne 17 est également nécessaire à la réussite des JO et figurait en bonne place dans le dossier de candidature de la France. Ce sont donc bien l’ensemble du réseau avec ses 68 gares qui doit être réalisé en respectant les engagements pris et les délais arrêtés par deux présidents de la République successifs. Si le coût du GPE est estimé entre 26 et 35 milliards d’euros, financé au moyen de trois taxes affectées et payées par tous les Franciliens, ménages et entreprises, il faut bien comprendre que ce nouveau métro sera un formidable levier de croissance et d’attractivité dont le gain est estimé à plus de 100 milliards d’euros de PIB et plus de 200000 emplois supplémentaires à terme dont ceux qui seront créés sur le triangle de Gonesse. Tout est prêt : le permis de construire de la gare, les travaux préliminaires qui peuvent commencer cette année, c’est la meilleure façon de ne pas prendre de retard. L’Etat doit tenir les engagements qu’il a pris envers les territoires et en particulier ceux de banlieue. Rien ne sert de promettre de nouveaux emplois francs dans le cadre de la politique de la ville si dans le même temps on remet en question les investissements d’avenir pour l’Île-de-France.

Se battre au présent, nous le faisons  dans le cadre de la politique de la ville et Viviane GRIS également en charge de ce dossier en connaît toutes les difficultés. Comment pourrons-nous financer les équipements scolaires du quartier de la Fauconnière l’année prochaine si l’Etat et l’ANRU ne nous accompagnent pas  sur le plan financier conformément à la loi au prétexte que nous ne démolissons pas de logements mais que nous les réhabilitons avec les bailleurs sociaux ? Se battre au présent, nous le faisons pour accueillir de nouvelles entreprises sur la zone des Tulipes ou sur nos zones plus anciennes et ILHAM MOUSTACHIR en connaît aussi les difficultés. Les changements de propriétaires ont entraîné une perte de qualité dans les activités. Avec la communauté d’agglomération directement compétente, nous devons agir sur cette réalité en même temps qu’il faut poursuivre ce que la commune avait commencé, la réhabilitation physique. Cette année la friche Prédault sera enfin démolie et vous pouvez découvrir l’image du projet sur lequel nous travaillons avec la communauté. Se battre au présent, c’est aussi faire plus en faveur du renouvellement urbain dans les quartiers et pour le commerce. Avec Christian CAURO et Rachid TOUIL délégué au commerce, aux fêtes et au jumelage, nous poursuivrons cette année nos actions dans le centre-ville et aux Marronniers. L’action inédite que nous conduisons en faveur du petit commerce local porte ses fruits. Elle suppose un fort engagement financier de la ville. Il en est de même de l’action conduite en faveur de la sauvegarde et de la mise en valeur de notre patrimoine historique et Marie-Annick TORDJMAN en charge de ce secteur s’y consacre avec enthousiasme. Nous vous annonçons la tenue au printemps prochain d’une importante exposition sur les résultats des fouilles archéologiques de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul.  Cette politique de renouvellement urbain n’est pas aidée et les seules opérations de réhabilitation et de rénovation énergétique le sont avec l’ANAH, obligeant la Ville à s’engager fortement de façon volontariste. La ZAC multi-sites dont la réalisation va s’achever avec les dernières opérations à Saint-Blin et à la Madeleine, lancée il y a plus de dix ans,  coûte cher à la ville qui a dû financer les déficits mais elle a transformé une partie de nos quartiers de Saint-Blin au centre-ville. Il en est de même avec la ZAC du centre ancien. Mes collègues responsables savent qu’il faut y consacrer beaucoup d’efforts pour rechercher, trouver et concevoir ces projets. Pour certains la critique est d’autant plus facile qu’elle est toujours à courte vue et avec plein d’arrières pensées. Enfin nous discutons avec l’EPFIF avec lequel nous avons déjà un fort partenariat les termes d’une nouvelle convention qui nous permettra de définir les prochains projets de renouvellement urbain sur de nouveaux sites en même temps que nous allons être engagés sur des réalisations importantes en 2018 tant de réhabilitation que de renouvellement.

Se battre au présent pour notre cadre de vie et urbain,  pour améliorer les transports, c’est se battre pour valoriser notre bien commun qui est notre ville, c’est par la même occasion donner plus de valeur aux biens de chacun des Gonessiens. Je défends résolument ce choix avec la très grande majorité des élus et au-delà même de la majorité municipale.  Je chercherai constamment à rassembler autour de cette ambition. Se battre au présent et se battre pour demain, pour les projets d’avenir comme celui du triangle de Gonesse, c’est ne pas se résigner à subir la fracture territoriale de la région parisienne sur laquelle nous sommes qui creuse toutes les formes d’inégalités urbaines, environnementales et sociales, c’est refuser l’apartheid territorial, le communautarisme qui enferme, paupérise et divise, qui affaiblit la République. Se battre pour demain c’est donc agir avec la communauté d’agglomération pour que notre territoire soit reconnu et respecté par l’Etat dans le cadre du Grand Paris, qu’il ne soit pas considéré comme un territoire de servitude au seul profit de la capitale et de la Métropole du Grand Paris parce que nous sommes le territoire aéroportuaire de celles-ci, c’est se battre pour ce à quoi nous pouvons prétendre de façon légitime, une attractivité renforcée grâce à la ligne 17, un développement maîtrisé et équilibré créateur d’emplois, un développement durable du territoire qui doit prendre en compte la question des nuisances aériennes.

Se battre au présent et se battre pour demain sans jamais céder à la démagogie facile et trompeuse,  c’est rassembler les Gonessiens autour d’une vision et d’un projet, non les diviser. Il y a un an à cette même tribune je vous avais indiqué clairement que j’avais décidé de ne pas me représenter à l’Assemblée Nationale et que j’avais choisi mon mandat de maire.

Je vous déclare aujourd’hui que je serai candidat aux prochaines élections municipales en 2020, pour poursuivre avec vous le combat pour le présent et pour l’avenir de Gonesse et de tous ses habitants.

Bonne et heureuse année 2018.