Gonesse au 20e siècle - la Fauconnière

AVANT LA FAUCONNIERE :

Gonesse à la veille des années 60 est un bourg d’environ 9000 habitants composé de deux quartiers le centre-ville et les Marronniers.

La Société centrale immobilière de la Caisse des dépôts et consignations (SCIC) installe le grand ensemble sur des terres agricoles au lieu-dit « Les Carreaux ».

La municipalité et le maître d’ouvrage portent leur choix sur l’appellation « La Fauconnière » lieu-dit voisin car le grand ensemble de Villiers le Bel se nomme déjà les Carreaux.

Le nom de Fauconnière rappelle le rôle de ce territoire de Gonesse au Moyen Age où les nobles pratiquaient la chasse au faucon.

Le lieu où s’établit le grand ensemble est occupé dès l’époque gauloise par une petite nécropole mais aussi à la période gallo-romaine par une habitation de type villa. Le choix de la SCIC d’implantation du grand ensemble est dicté par l’existence de terrains disponibles à proximité de la gare.

Le programme de construction est imposé par le commissaire à la construction et à l’urbanisme pour la région parisienne.

 

 

Les débuts de la Fauconnière :

L'équipement : La conception d’un grand ensemble comme celui de la Fauconnière devait correspondre dans les années 60 à la Charte d’Athènes : habiter, travailler, se divertir et circuler.

Le centre commercial est ainsi pensé dès la création de la cité. Dans chacune des constructions de la Caisse des dépôts – constructeur de la Fauconnière – les architectes doivent intégrer en plus des logements des structures collectives à vocations scolaire, sociale et administrative.

La Fauconnière répond parfaitement à ces critères. Chaque square est doté d’un groupe scolaire.

L’espace central possède un lieu de culte, un centre socio-culturel, un cinéma-théâtre, des locaux administratifs et des commerces.

A cela les architectes ajoutent dans le square des sports un complexe sportif comprenant une piscine et une résidence pour personnes âgées.

 

Le cadre de vie : Les architectes et les paysagistes s’accordent pour séparer les circulations automobile et piétonne.

Ils libèrent des espaces de jeux pour enfants et de discussions pour adultes.

Les habitants doivent pouvoir se rendre à l’école, dans les commerces, au travail, … dans un décor agréable accordant l’esthétique des façades et leur mise en paysage.

La géométrie du terrain triangulaire est reprise place Marc Sangnier dans le centre de la cité autour de ce point central s’organisent les unités composées de bâtiments à 5 niveaux et appelés squares et 6 tours de 11 étages.

Les logements sont spacieux, lumineux et correspondent aux plus récentes normes d’hygiène et de sécurité en vigueur lors de leur construction. Ils sont une avancée sociale pour les locataires venant d’immeubles ou maisons insalubres ou inadaptés aux besoins d’une famille.

 

Les habitants : En 1964 lors du premier recensement de la cité, la population est de 7 818 habitants mais les logements ne sont pas encore tous terminés.

Sur 2000 foyers environ 260 appartiennent à la préfecture de police, 140 à l’armée, 110 à la Presse, 80 sont réservés à des étudiants d’Outre-mer, 150 à des fonctionnaires des PTT, de la SNCF et d’EDF.

A sa création, la Fauconnière accueille de nombreuses familles.

Les animations dans le quartier sont nombreuses et souvent à destination de la jeunesse. La Fête des Tulipes, les brocantes, la fête du Printemps et plus  récemment la Fête des voisins ou la Journée des quartiers sont des occasions de se divertir plus particulièrement au centre de la cité.

 

La vie dans le quartier : L’association pour le logement des familles et l’animation des grands ensembles assure le fonctionnement des équipements collectifs et s’occupe de résoudre les problèmes sociaux et culturels.

Elle devient en 1964 l’association pour le logement familial et l’animation.

Elle gère le centre social, les animations et les manifestations de la Fauconnière.

Eloignée du centre ville, la Fauconnière est néanmoins assez proche de la gare de Villiers le Bel Gonesse Arnouville, le chemin peut se faire à pied.

C’est cette situation géographique qui a conduit la Caisse des dépôts à construire un grand ensemble à cet endroit.

Dans les années 60 les habitants se plaignent des conditions de transport.

Aucun bus ne circule vers le centre ville, il faut traverser les zones de chantier pour se rendre à la gare.

Une première liaison est mise en place en 1963 mais sans aucune régularité.

 

 

Une ville dans la ville ?

L'architecture spécifique : Les plans du quartier de la Fauconnière ont été réalisés par les architectes R.Cazaneuve, Bartholin, P. Vuarnesson, O. Caplain et E. Peray.

La construction et la gestion de ce nouvel ensemble ont été confiées à la Société Centrale Immobilière de la Caisse des dépôts et consignations (SCIC).

Les vues aériennes, l’implantation des bâtiments, le tracé des voies et  l’agencement des espaces naturels de la Fauconnière rappellent toujours la forme d’un triangle, à l’image du terrain choisi pour l’édification du quartier.

Sur cette base, l’architecte a voulu éviter pour chacun des trois squares toute disposition en angle droit.

 

Les logements : Au début des années 1960, le pays tout entier a dû faire face à un manque criant de logements.

L’immense majorité du parc immobilier était encore vétuste et largement insuffisant pour couvrir la demande. Il a également fallu accueillir en urgence plusieurs familles de mal-logés et les familles rapatriées d’Afrique du Nord.

La construction de 2 196 logements a été décidée sur le site de la Fauconnière.

Les appartements conçus à la Fauconnière comprenaient jusqu’à six pièces et bénéficiaient du confort le plus moderne : cuisine séparée, salle d’eau, toilettes, vide-ordures individuel et prise télévision.

Les baies vitrées et l’orientation des appartements ont été volontairement conçues pour laisser pénétrer la lumière et le chauffage collectif distribué par le sol. Depuis 2007, d’importants travaux de réhabilitation et d’amélioration des logements ont été entrepris par les bailleurs.

 

Les espaces verts : Destiné à accueillir près de 9 000 habitants dans les années 1960, le grand ensemble de la Fauconnière accorde une large place aux espaces arborés et fleuris car conçu avec le souci de concilier et de faire évoluer ensemble la nature et l’habitat.

Mélange de ville et de campagne le quartier de la Fauconnière a été pensé pour que 90 % de sa surface soit non-bâtie.

Cette préoccupation novatrice pour l’époque destinée à promouvoir un cadre de vie agréable a conduit les aménageurs à créer 13,5 hectares de pelouses, à planter 7 000 arbustes, 1 200 arbres à feuilles caduques et 600 conifères.

 

Les équipements sportifs : Le complexe sportif Raoul Vaux, situé square des Sports comprend une piscine destinée à accueillir aussi bien les adultes que les élèves des groupes scolaires et un gymnase.

En plus de la piscine et du gymnase achevés en 1969 qui avaient pour ambition de satisfaire les besoins croissants des habitants et des associations sportives de plus en plus nombreuses sur le  territoire communal, la Ville a inauguré en novembre 2006 une nouvelle salle de sport « Léo Lagrange » où se pratiquent deux disciplines appréciées par les habitants : le judo et le karaté. La piscine sera par ailleurs prochainement réhabilitée et agrandie.

 

Les transports : Éloignée du centre-ville, la Fauconnière est néanmoins proche de la gare de Villiers le Bel- Gonesse-Arnouville.

Sa desserte est également assurée par plusieurs lignes de transport en commun et une navette inter-quartiers.

Les habitants de la Fauconnière peuvent ainsi rejoindre la capitale, les communes desservies par le train mais aussi les autres quartiers de la ville. Situés à proximité de la gare de Arnouville-Gonesse-Villiers le Bel, les habitants du quartier de la Fauconnière profiteront pleinement des nouvelles infrastructures prévues dans le cadre du projet du Grand Paris : barreau ferroviaire assurant la liaison RER B et D, métro automatique et ligne de bus à haut niveau de service.

 

Les commerces : Éléments essentiels de la vie collective, la création de commerces au coeur de la Fauconnière a figuré parmi les priorités de l’architecte et de la Société Centrale Immobilière de la Caisse des dépôts et consignations (SCIC).

De nombreux commerces, destinés à satisfaire les besoins en alimentation ou en services des habitants, se sont progressivement installés avenue Raymond Poincaré, avenue Georges Clémenceau mais aussi place Marc Sangnier.

En 1965 on pouvait trouver autour de la place Marc Sangnier un supermarché, deux pharmacies, une auto-école, des librairies, des boutiques d’habillement…

De plus, la tenue d’un marché forain a également été approuvée par le conseil municipal en décembre 1964.

 

Les écoles : La création de trois groupes d’habitations constituant le quartier de la  Fauconnière a impliqué dans chacun d’eux la construction d’écoles maternelles et élémentaires. L’école primaire pour garçons René Coty a ouvert ses portes square de la Garenne en 1962.

En 1963 le groupe scolaire du square du Nord a ouvert ses portes à son  tour. Enfin, en 1964 l’école maternelle du square des Sports (ultérieurement baptisée Jean de la Fontaine en 1970) a également été créée.

Ouverts en 1962, 1963 et 1964, les trois groupes scolaires de la fauconnière ainsi que le restaurant scolaire ont été inaugurés en 1968.

Le collège François Truffaut inauguré en 1994 et la maison de l’enfance Victor Hugo ouverte au printemps 2007 et implantée dans les bâtiments, de l’ancienne école Félix Chobert, complètent les infrastructures du quartier dédiées à l’enfance et à l’enseignement.

 

 

Zoom sur quelques structures :

 

Le centre socio-culturel Marc Sangnier : Dès 1963, le « pré centre social alpha » proposait diverses activités sportives et culturelles aux habitants de la Fauconnière.

Des enseignements ménagers y ont été organisés. Des permanences allocations familiales et de PMI également. En 1998, le Centre social « Marc Sangnier » est passé sous gestion municipale et est devenu un centre socio-culturel.

Le Centre socioculturel constitue un lieu d’accueil, de médiation et un espace ressources pour la population. Sa réhabilitation est prévue en décembre 2013. Le centre social abritait aussi la bibliothèque jusqu’au transfert des ouvrages en 1999 dans de nouveaux locaux qui portent désormais le nom de George Sand, situés 3 place Marc Sangnier.

 

Le cinéma : Dès 1962, la nécessité de réaliser un équipement culturel est intégrée dans le projet d’aménagement de la Fauconnière. Confié à un exploitant privé, le Cinéma-théâtre a ouvert en 1966, avec à l’origine une capacité de 600 places.

Fermé en 1977 après avoir connu une période difficile, il a été réaménagé et a rouvert ses portes en 1978, géré par la Ville. Ouvert en 1966, réaménagé en 1977, le cinéma a été entièrement rénové entre 2004 et 2006. Il peut désormais accueillir 250 spectateurs et offrir une programmation riche et diversifiée. Équipé d’un projecteur numérique depuis l’été 2012, le cinéma Jacques Prévert constitue dorénavant un équipement doté des technologies les plus modernes.

 

L’AREPA « Le Clos Fleuri » : Conformément à ses statuts, l’AREPA (association des résidences pour personnes âgées) a œuvré dès 1963 pour que les personnes âgées, isolées ou en couples, puissent trouver un hébergement adapté au cœur des grands ensembles.

À la Fauconnière,la résidence, conçue par l’architecte Caplain, a ouvert ses portes en 1970. Le « Clos Fleuri » comptait à l’origine 80 logements dotés d’un coin cuisine, d’une salle d’eau, de toilettes et d’une chambre.

Entièrement rénovée en 1993, l’AREPA compte aujourd’hui 88 studios.

 

L'église Saint François d'Assise : Oeuvre de l’architecte Olivier Caplain, l’église Saint-François d’Assise a été édifiée en 1965. Intégrée dès l’origine dans le projet architectural d’un grand ensemble moderne, elle a néanmoins été placée, comme l’étaient les églises d’autrefois, au cœur du quartier, à proximité des commerces et des lieux de vie culturelle et administrative.

Les matériaux utilisés pour la construction de l’église en 1965 : béton et pierres de parement mais aussi bois, verre et métal, sont les mêmes que ceux employés pour bâtir les immeubles de la Fauconnière.

 

Le Collège François Truffaut : Après moins d’un an de travaux, l’établissement a ouvert ses portes à la rentrée 1994 et a été inauguré le 30 novembre 2005. OEuvre des architectes Berruyer et Simon, il a pour vocation de recevoir 600 élèves. Le collège compte 18 divisions organisées autour d’un vaste hall mais aussi une infirmerie et un CDI.

Les classes sont identifiées par des couleurs différentes.

D’importants travaux destinés à améliorer le stationnement et l’éclairage public ont été réalisés square du Nord pour faciliter l’intégration de ce nouvel équipement dans le quartier.

En 2011, les abords du collège ont été de nouveau sécurisés à la suite des travaux de réaménagement de l’avenue Léon Blum.

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